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-Heureusement que ce n'est pas le cas.

-Mais ce n'est pas le cas bien sûr."

Jon repartit avec les autres. Aparemment, il avait compris mon message. Il y avait juste à espérer qu'il ne boirait plus jamais de jus d'orange de sa vie...

Chapitre VI

La nuit venue, je décidais de sortir de l'hôtel Hellequin pour partir vers le laboratoire Wicklow. J'espérais que la radioactivité avait cessé depuis l'incident du diamant, mais je n'en avais aucune preuve. Et pourtant, il allait falloir y aller... Courage, mon vieux, me dis-je. Mais, sous l'ombre des lampadaires faiblards, je me dis que le courage, c'était bien ce qui me manquait. Je n'avais pas eu le courage de refuser le marché que j'avais conclu avec l'Ozégan, je n'avais pas eu le courage de refuser d'aller voler ce diamant à présent que j'allais le chercher, et surtout, surtout, je n'avais pas eu le courage d'en parler ouvertement à mes nouveaux amis.

Nous allons à présent délaisser le présent désastreux récit pour raconter une anecdote qui était arrivée à un de mes malheureux collègues souffrant de paranoïa. La paranoïa est un mal assez dérangeant, qui consiste à croire obstiné-ment que tout le monde vous veut du mal. Il avait toujours peur d'être suivi la nuit, c'est pourquoi il plaçait des pièges dans les endroit secrets où il allait. Dans les égouts, il avait placé quelques alligators à jeun depuis quelques mois dévoués à bien vouloir dévorer toutes les personnes qui arriveraient après son passage. Or un jour, il se demanda s'il avait pris des piles pour sa lampe de poche. Lorsqu'il prit le chemin du retour pour aller en chercher, il se rappela un peu trop tard que les sauriens avaient trop faim pour se faire des sentiments. Pour ma part, je n'avais ni paranoïa, ni alligator, mais je commençais à me demander si ça ne me serait pas utile.

Plus j'avançais, plus j'avais la nette impression que quelqu'un me suivait. Je me retournais. C'était le cas.

Edgar était en train de marcher dans le noir à dix mètres de moi. Émergeant d'une nappe de brouillard, il jura en trébuchant.

"Ah ! C'est toi, Lydia ?

-Oui, fis-je en contrefaisant le plus ma voix (expression signifiant ici "en prenant un timbre suraigüe qui ressemblait à celui de Lydia à ceci près qu'une souris ressemble à un fromage"). Qu'est-ce qu'il y a, Edgar ?

-Na va pas me dire que tu as oublié pourquoi je t'ai faite venir !

-Je n'en ai plus la moindre idée. Florian et Fabius viennent de me laver le cerveau avec leurs théorèmes.

-Ma pauvre, fit-il d'un ton compatissant, ou du moins aussi compatissant que pouvait l'être cette odieuse canaille. C'est aujourd'hui la fin de la radioactivité !

-La quoi ?

-La fin de la radioactivité ! D'après mes calculs, c'est aujourd'hui que le laboratoire Wicklow ne possède plus le moindre impact nucléaire. Nous pouvons donc y aller pour y voler dicrètement le diamant !

-Voler le diam...

-Mais espèce d'idiote, tu croyais que c'était pour quoi, ces drogues que tu mettais dans le jus d'orange, ces marches interminables pour éloigner les habitants de leur ville ? Pour que personne ne soupçonne nôtre complot ! Á présent que mes calculs sont formels, nous pouvons donc le piquer en toute impunité !"

Les rouages d'un plan s'ajustaient dans ma tête. Il fallait que je me fasse passer pour Lydia et tout irait bien. Je volerais moi-même le diamant et m'enfuyerais dans la nuit avant même qu'il ne s'en rende compte.

"Tu es sûr de tes calculs ?

-Tiens donc ! Tu sais bien qu'on était des volontaires spécialisés dans les mathématiques et les sciences, au QG des monts Tristevent ! C'est quand même pas pour rien, qu'il m'a formé, le Korrigan !

-L'Ozégan, rectifiais-je.

-Bah, quelle importance ? Ça fait longtemps que cette crapule gît six pieds sous terre. En route, mauvaise troupre !"

La tête pleine de questions, je m'enfonçais dans le brouillard tentaculaire avec le sinistre gredin comme compagnon d'infortune.

Chapitre VII

J'insiste sur le fait qu'en ce moment même vous pourriez être chez vôtre bibliothécaire en train de lire tranquillement un livre sur les korrigans. J'insiste sur le fait qu'il existe des korrigans et des ozégans sympathiques, du moins plus que certains humains. Et surtout, j'insiste sur le fait que vous n'êtes pas obligé de lire la suite de cette désastreuse histoire, expression signifiant ici : impossible à oublier, et qui vous tirera les larmes si ce n'est pas déjà fait avec la lumière bleue". Alors, ne lisez pas les chapitres qui suivent, je vous en supplie, certaines pourraient très bien vous rendre morose, d'autres dépressifs, et pire que tout, si vous avez survécu, certaines pourraient même vous donner la lubie de lire un livre de Lemony Snicket.

J'espère donc que plus personne n'est en train de me lire. Que personne ne saura jamais ce qui se passa durant la marche harassante qui s'ensuivit, de toutes les fois où Edgar faillit me piéger, ni lorsque dans l'obscurité je croisais un volontaire qui me demanda de lui donner le couvercle du sucrirer.

Arrivés devant le laboratoire Wicklow, il ne me resta plus qu'à faire mes prières.

Nous entrâmes dans le sombre bâtiment. Une pièce avait été soufflée là où il y avait eu le centre de l'explosion. Mais elle était à présent recouverte de gros décombres de sorte que le seul moyen de pouvoir parvenir à l'intérieur était une porte sauvée miraculeusement... Mais fermée par un digicode.

Les digicodes sont des machines particulièrement hideuses, surtout la nuit, et ceux en forme d'araignée avec des touches dessus représentant des lettres de l'alphabet gothique. De fait, si elles étaient écrites ainsi, c'était suite à une sombre histoire de rodéo, un 29 février où je me rendais dans des catacombes particulièrement périlleuses où un pistolet avait failli avoir raison de moi s'il n'y avait pas eu cette fameuse ventouse avec un code gravé dessus. Je m'approchais de la machibe anthipathique (expression signifiant ici : "hideuse au plus haut point").

"C'est quoi encore, ce machin, Lydia ? me lança Edgar.

-Ça ? Un digicode VDC. Et en-dessous, il y a une Valeureuse Description de Communication.

-Ta description, ce ne serait pas pour déchiffrer la plaque marquée sous le digicode ?

-Si. C'est le message codé qui donne des indices sur l'ouverture du digicode, et ce petit papier explique comment marche le code. C'est presque trop facile."

Je lus ce qui était marquée sur la feuille jaunie.

"Alors... Si #=a et que @=b, c'est que ce code doit reprendre le principe de l'ordre d'un clavier d'ordinateur. Sur la première touche, toute en haut, il y a ces deux signes.

-Intéressant... Du coup, le premier indice serait... Nombre de chapitres d'Effroyables jardins, de Michel Quint.

-Mais ce livre n'a pas de chapitres ! Pas de chapitres... Donc, la première combinaison de lettres est Z,É,R,O. Tape, Edgar."

Edgar tapa Z,A,I...

"Stop ! Ça ne s'écrit pas comme ça, espèce d'idiot !"

J'en oubliais presque de contrefaire ma voix.

"Tu ne m'avais pas dit que tu ne savais pas lire ?

-C'était pour plaisanter. Et puis, j'ai bien réussi à lire ce fichu papelard dans le noir complet.

Je tapais à sa place.

"Voilà. Deuxièmement, dis-je. Couleur favorite de vincent Van Gogh.

-Van quoi ? Mais comment veulent-ils que je sache le numéro de leurs copains ?"

Effroyables jardins est un livre français très court dont le titre s'inspire d'une poésie de guillaume Apollinaire, et Vincent Van Gogh fut un peintre célèbre, mais je ne comprenais pas qu'un être humain puisse ignorer ces choses et renier cela si je le lui expliquais. Avec un soupir de consternation, je tapais J,A,U,N,E sur le clavier de l'hideuse araignée.

"Dis donc ! Tu ne m'avais pas dit que jaune s'écrivait G,E,O,N,E ?

-Mais non, puisque je ne sais pas lire !

-C'est vrai."

Je regardais enfin la dernière énigme.

"Auteur allemand de L'Histoire sans..."

Je restais tétanisé. Il n'y avait pas le dernier mot. La plaque s'était couverte de rouille juste à cet endroit là. Est-ce que c'était L'Histoire sans fin ? Et si je me trompais ?

"Auteur allemand de l'histoire queqlue chose. Hisoire sans début ? Histoire sans titre ?

-Je crois que je sais, dis-je. Mais je ne suis pas sûr de moi."

Pour ceux qui ont pu me lire jusqu'à présent, vous devez savoir que je m'inquiète. C'est une véritable lubie chez moi, et le pire, c'est que cette inquiétude est contagieuse. Aussi nos doigts tremblèrent à nous deux lorsque je tapais M,I,K,A,E,L,E,N,D,E sur le clavier en lettres gothiques.

Il y eut une seconde de sursis. Puis la porte s'ouvrit enfin.

Pourquoi est-ce que je faisais ça ? Pourquoi aidais-je ce maudit Edgar ? Tout simplement parce que le diamant n'était évidemment pas dans cette pièce.

"Enfin ! s'écria Edgar. À moi la richesse !"

Il se précipita dans la pièce. Je fermais à ce moment la porte. Mais pas complètement : je n'avais pas assez de cran pour ça.

"Lydia ! Pourquoi as-tu refermé la porte ?

-Je ne suis pas Lydia, dis-je de la voix la moins tremblante que je puisse avoir. Je suis un Volontaire et le diamant n'est pas dans cette pièce.

-Mais bon sang, bien sûr que si ! C'est là qu'on en a prélevé un morceau et que ce morceau a explosé !

-Le diamant ne se trouve pas ici, expliquais-je. Sinon, il aurait sauté avec l'autre morceau. Je vais devoir vous enfermer dans cette pièce pendant que je chercherais la vraie pièce.

-Si, tu es Lydia ! Tu es Lydia ! Tu ne sais pas lire !

-Si ! J'ai lu Effroyables jardins, L'Histoire sans fin... et bien d'autres livres encore..."

Pendant que je parlais, je mesurais l'ampleur de ma fourberie. Si je fermais la porte, à ce moment-là, je ne vaudrais pas plus que l'Ozégan (ou du moins la personne qui m'avait menacé d'enflammer ma maison et de tuer Kit). Le digicode se réenclencherait et le malfrat serait enfermé, mais j'aurais agi malhonnêtement, comme un tricheur, un menteur (et j'en serais moi-même un). Je ne serais plus un Volontaire, mais un des scélérats qui pullulent dans lemonde, agissant pour une cause leur semblant juste et prêts à tout pour y parvenir.

"Ne fais pas ça, sale Volontaire ! Ou je te garantis que tu deviendras un Vrai Dindon Caput !

-Kaputt s'écrit avec un K, et non un C.

-Ah oui, vous les VDC avez la manie de l'orthographe ! Ne ferme pas cette porte !"

Fermer cette porte ? Oh, non, je ne voulais plus fermer cette porte. J'avais menti à des amis. J'avais caché mon jeu. Je tentais de voler un diamant en cambriolant la nuit. Je m'étais associé avec un scélérat en me faisant passer pour quelqu'un d'autre, et j'avais trahi ledit scélérat de manière toute à fai scélérate. Intutile d'aggraver mon cas. Mais si j'ouvrais pour de bon, il me tuerait, Kit mourrait et VDC serait ruiné. Ma maison serait enflammée et on ne saurait jamais la vérité. Je décidais d'ouvrir la porte, mais le destin en décida autrement.

"Hé ! Qu'est-ce que tu fiches au laboratoire ?"

Je me retournais : Florian, Fabius, Jon, Lucy, Thoams, ils étaient tous là. Mes doigts se crispèrent, je bondis nerveusement, et la poussée suffit pour que la porte se referme sur ses gonds.

Il y eut un petit clic. Edgar était prisonnier.

Chapitre VIII

"Qu'est-ce qu'il y a ? Que fais-tu là, toi ? me demanda Fabius (ou Florian).

-Et vous ?

-Nous ? Lydia nous a mis au courant de ta disparition, Edgar et toi. Pauvre Edgar ! Un homme si honnête ! Si jamais il lui est arrivé quelque chose par ta faute...

-Ohé ! cria Edgar depuis la porte blindée. Je suis coincé ! Là !

-Oh ! Edgar ! Que s'est-il passé ? C'est ce garnement qui t'as enfermé ?

-Non ! criais-je pour ma défense. C'était un accident !

-C'est faux ! fit la voix d'Edgar. Il avait tout préparé !

-Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

-Cela dit, la vérité existe-t-elle ? demanda Florian (ou Fabius).

-Assurément, mais elle est déformée par les points de vue.

-Mais cela dit, qu'est-ce qu'un point de vue ?

-Ah, cher confrère, si pimpant de questions ! Mais quand on y réfléchit bien, qu'est-ce qu'une question ?

-Voilà une idée tout à fait pertinente.

-Et une idée ? Comment savoir si on ne l'a pas eue avant nous ?

-Dans ce cas, ce n'en est pas vraiment une.

-C'est un peu paradoxal.

-Au secours ! fit la voix d'Edgar. Je suis coincé, et il ya des rats ! Et cet homme est un volontaire !

-Un volontaire ? s'exclamèrent en même temps le maire et son adjoint.

-Oui ! Il travaille pour cette bande de scélérats !

-Nom de nom ! jura Florian/Fabius. Voilà pourquoi Edgar s'est fait enfermer !

-Mais oui ! Tout est logique ! Ce chenapan est un voyou ! Un malfrat !

-Sortez-moi d'ici ! cria Edgar. Je n'y vois rien !

-Non, Florian ! cria Lucia. Les volontaires ne sont pas méchants ! C'est Edgar qui te l'a dit !

-Tais-toi ! s'écria Jon. Si jamais ils découvrent mon tatouage...

-Je crois que le moment est venu pour citer cette célèbre citation latine...

-Sauvez-moi !

-Je te dis qu'il faut tout lui dire !

-Je suis enfermé pour de bon !

-Cela dit, qu'est-ce qu'une citation ?"

En un mot comme en 100, en un clin d'œil, le laboratoire Wicklow était devenu un véritable pandémonium, expression signifiant ici "endroit où tous les habitants de Grandmorne-sur-Cratère sont réunis, se disputent, où ceux qui ne faisaient rien jusqu'à présent se font marcher sur les pieds et en viennent aux mains". Quand à moi, consterné, je regardais cette désastreuse mêlée plongée dans la pénombre, ne sachant pourquoi le destin aai eu a lubie de s'acharner sur mon sort et pourquoi Florian et Fabius voyaient autant de paradoxes dans la structure de l'Univers.

"Il suffit ! s'écria Lydia. Cet homme... (Elle pointa son doigt en ma direction.) ...est un criminel !

-Oui ! Elle a bien parlé !" s'écria Edgar.

Peut-être, en ce moment même, si vous étiez chez vôtre bibliothécaire, vous expliquerait-il tranquillement au coin du feu les mécanismes complexes et retors de la psychologie des foules. Le principe est simple : si vous mettez des agitateurs dans une foule, celle-ci se mettra de son côté, et cela vous aidera si vous êtes du côté des agitateurs. Ainsi donc, tous les habitants (sauf mes trois amis) me jetaient des regards noirs en ma direction.

"Aussi je propose de le mettre dans la prison !

-Bonne idée !

-Mettons le au bûcher !

-Mettons-lui le goudron et les plumes !

-Mettons-le au bûcher avec du goudron et des plumes !

-Et au nom du bien de nôtre ville, je propose de nous débarrasser du diamant Wicklow... Et de le mettre en sûreté chez le sixième conseiller financier de la grande ville !

-Riche idée !

-Enfin débarrassé de cette horreur !

-J'en avais des frissons chaque nuit !

-Bon débarras !

-Non ! m'écriais-je. Je dois remettre moi-même le diamant à quelqu'un en particulier ! Sinon, Kit mourra sans avoir pu se rendre à l'Aquacentre Amberlu, et nous périrons tous !

-Il a passé aux aveux !

-Mon Dieu ! Il veut tous nous tuer !

-Sortez-moi de là !

-Je peux vous dire comment faire sortit Edgar d'ici !

-Toi ? Oh non, surtout pas, petit vaurien ! Je parie que si je t'obéis, Edgar sera perdu à jamais !

-Et vous connaissez un autre moyen ?

-Silence, jeune insolent ! En attendant, vous autres, conduisez-le à la prison !"

Des cris s'élevèrent autour de moi.

"À la prison, le criminel ! À la prison le criminel !"

Et encore une fois, je n'eus d'autre choix que d'obéir. Jon, Thomas et Lucia me regardaient avec des airs d'incompréhension pendant qu'on me poussait vers le centre-ville en ruines. Cette marche était pire que la randonnée d'Egar, pire que la traversée de l'arrière-pays. Cette marche était la pire de toutes, car cette fois-ci, je sentais que je n'aurais plus le moindre espoir. J'étais devenu un véritable scélérat, et les autres me traiteraient en véritable scélérat.

Chapitre IX

La prison n'était guère moins confortable que le lit de l'Hôtel Hellequin, c'est pourquoi je m'y habituais vite. Il s'agissait d'une petite cellule comme dans certains films où des cow-boys se tirent dessus pour des histoires de ville et où les shériffs se retrouvent avec des poignées de canailles à mettre dans un pénitencier à tour de bras, mais les odeurs étaient nettement plus poussées que ce que j'aurais pu imaginer.

Bien, me dis-je. Surtout, reste calme. Ne cherche pas à produire davantage d'embrouilles et tiens-toi tranquille, surtout. Tiens-toi tranquille et tout se passera bien.

C'est alors que je repensais à l'Ozégan. S'il était mort, qui était la personne avec qui j'avais conclu le marché ? Le diamant pourrait-il connaître un meilleur sort entre ses mains ? C'est alors qu'une idée me vint à l'esprit. Il fallait que mes amis me fassent sortir de prison pendant la nuit.

Edgar arriva, tout déboussolé, suivi d'une Lydia blafarde.

"On a passé la moitié de la nuit à essayer de le soritr de là où tu l'avais enfermé ! Certains ont voulu en venir à la dynamite ! À cause de toi, vaurien ! me cria Lydia.

-Je...

-Tais-toi ! Ça faisait quinze ans qu'on attendait la fin de la radioactivité ! Tout ça pour pouvoir sauver un hôpital !

-Un hôpital ?

-Oui, la clinique Heimlich ! Quinze ans à échafauder des plans pour maintenir le maire et son abruti d'adjoint, quinze ans de vigilance constante pour espérer que la clinique ne ferme pas et que Hal, ce vieux benêt, termine sa collection d'archives précieuses !

-Quoi ? fis-je, non sans me demander s'il n'existait pas une légère différence entre clinique et hôpital.

-Parfaitement !

-Mais... Vous ne faites pas partie du côté scélérat de VDC ?

-Non ! cria Lydia. Non, non, trois fois non !

-Mais... Vous utilisez des méthodes de scélérat ! Vous droguez les habitants ! Vous détournez leur attention ! Vous complotez dans leur dos, vous..."

Je me tus. Dans le fond, est-ce que je valais mieux qu'eux ?

"C'est ainsi, dit Edgar. La fin justifie les moyens, c'est nôtre devise.

-Est-ce nôtre faute si on ne nous a jamais rien appris ? s'écria Lydia. Les VDC nobles n'ont jamais voulu de nous à cause de nôtre manque de culture. Trop stupides, qu'ils disaient ! Alors, nous avons tout fait pour essayer de les aider, nous avons mené un combat pour que le clinique Heimlich ne soit pas détruite ! Nous sommes idiots, malveillants, mais nous sommes aussi nobles qu'eux. Et nous aussi, nous avons un ardent désir de préserver le monde des flammes."

Je restais silencieux et hébété. À présent, c'était moi le scélérat, et eux étaient nobles. C'était ironique, et le pire, c'était que pour une fois, la justice semblait faire son œuvre.

"Tu as acheté mon diamant en toc pour le mettre à la place du vrai, c'est ça ? fit Edgar.

-Oui, monsieur.

-Tu possède toujours le faux, je crois savoir. Nous allons le déposer à sa place, si tu veux bien me le donner, et ensuite, nous irons secrètement donner le nôtre au patron de la clinique."

Le moins qu'on puisse dire, c'était que je me retrouvais face à un énorme dilemme. Un dilemme est un genre de choses désagréables, comme "choisir entre l'amour et l'honneur", ou encore "choisir entre couper la corde d'un ami suspendu dans le vide pour qu'il tombe en contrebas sur le contrôleur d'un train dans lequel se cache un scélérat qui s'apprête à déclencher un coup d'État et sauver son ami, d'autant plus qu'il possède sur lui un sucrier de grande valeur, lequel sucrier vous a été dérobé des années plus tôt par un individu maigre au sourcil unique". Dans ce cas présent, c'était "choisir entre sauver un hôpital de la faillite, ainsi que les employés et les clients qui sont dedans, sans compter des archives inestimables, et sauver sa maison, ainsi qu'une jeune femme dont les épaules portent comme fardeau une bonne partie des affaires secrètes de VDC". Si je faisais la première chose, l'Ozégan -ou le faux Ozégan du moins- perdrait la partie, mais les VDC nobles ne se relèveraient peut-être pas. Si je choisissais la deuxième option, alors Kit et Dewey pourraient enfin se retrouver et échanger des secrets, ainsi que peut-être des alliances, mais les VDC nobles perdraient une bonne partie de leur savoir accumulé, et je ne serais jamais plus qu'une crapule abjecte. Je m'apprêtais à faire un choix, mais le destin en décida, encore une fois, à ma place.

Des nuages de fumée s'élevèrent, loin, loin, à la limite de l'horizon, bien loin du cratère, des volutes de fumée qu'on voyait à peine, mais qui étaient bien épais, bien présents.

"Qu'est-ce que..., commença Lydia.

-Non, c'est impossible," dit Edgar.

Tadis qu'au même moment, dans une autre histoire dont juste un fil ténu nous séparait, trois jeunes héros, les enfants d'un des mes meilleurs amis, dont l'une d'elle encore sous les effets d'une anesthésie, sautaient à l'élastique poursuivis par une montagne de graisse, nous regardions depuis la petite fenêtre exigue de ma cellule la fumée se découper sur le ciel blafard de l'aube de l'arrière-pays.

Ce fut finalement moi qui finit par conclure :

"Hélas si, c'est possible. La clinique Heimlich brûle."

Chapitre X

"La clinique Heimlich brûle."

À ces mots-là, le monde semblait se finir. Oui, il semblait que c'était la fin de tout.

"Nous ne pouvons plus rien faire, dit Edgar. Il n'y a plus qu'à donner le diamant au sixième conseiller financier de la grande ville.

-Esmé d'Eschemizerre ? Cette crapule ? Plutôt mourir que de lui donner ce diamant ?

-Nous sommes obligés, dit Lydia. Nous l'avons dit. Edgar avait un oncle à son service. De toute façon, si nous devons le reprendre, nous saurons où frapper. Le diamant sera en sécurité, là-bas, et nous sommes de bons voleurs. La fin justifie les moyens."

C'était vrai. Le diamant serait en sécurité en compagnie d'Esmé ! Mais qu'en serait-il des Volontaires ? Pourraient-ils jamais se relever ?

"Tant pis, dit Edgar. Le camion va partir et ce qui est dit est dit.

-Non ! Vous allez prendre le faux diamant pour le donner à Esmé ! m'écriais-je. Si nous gardons le vrai diamant, peut-être les VDC pourront-ils se redresser !

-C'est vrai, dit Edgar en soupirant. La fin justifie les moyens. Donne-moi le diamant, nous allons l'apporter."

À ce moment-là, Florian et Fabius arrivèrent dans la cellule.

"Monsieur, vous êtres accusé d'être volontaire. Qu'avez-vous à répondre à cela ?"

Je décidais de ne pas aggraver mon cas.

"Que vous avez raison.

-Silence, insolent ! Vous n'avez pas la parole !

-Avoir la parole... Quelle drôle d'expression, pas vrai ?

-Oui, cela ferait un débat philosophique passionnant. Cela dit, qu'est-ce qu'un débat philosophique ?

-Cette question me semble très importante, cher confrère.

-Nous ferions bien d'en débattre dès..."

Edgar leur fit des gros yeux, expression siginfiant ici "attitude rare envers un maire et son adjoint et faisant signifier qu'il vaudrait peut-être mieux pour ces derniers de leur expliquer pourquoi ils sont là".

"Oui, bref. Monsieur j'ai nommé..."

Lydia éternua à ce moment-là.

"...au nom de la municipalité et de son conseil constitué de moi-même et de mon adjoint, vous êtes condamnés à la pendaison !"

Je restais stupéfait. La pendaison ! Voilà qui ne valait guère lieux que le bûcher de Villeneuve-des-Corbeaux. Pourtant, Florian et Fabius (ou Fabius et Florian) étaient plutôt pacifiques. Que leur arrivait-il ?

"La pendaison aura lieu dans cinq minutes. D'ici là, je vous suggère de faire vôtre testament !"

Et tous deux s'en allèrent, me laissant avec les deux vauriens.

"Pourquoi haït-il ainsi les Volontaires ?

-C'est une vieille histoire, dit Lydia. Les Volontaires ont brûlé leur maison quand ils étaient enfants. Ils ont dû s'installer à Grandmorne-sur-Cratère pour survivre.

-Des scélérats ?

-Non. Les vrais VDC."

Je restais atterré.

"C'est ainsi, fit Edgar. Il y a des gens qui font partout de graves erreurs. De toute façon, il fallait qu'ils l'incendient cette maison. Sinon, VDC n'aurait pas survécu. La fin justifie les moyens.

-Et vous ? Vous allez m'aider à m'échapper ?

-Non. Sinon, nous serions traités comme des criminels nous aussi. Adieu, nous partons.

-Mais ça n'a pas de sens ! Vous êtes les victimes !

-La justice est aveugle," dit simplement Edgar tandis que lui et Lydia s'en allaient pour rentrer chez eux.

Et je restais seul dans ma cellule. Je n'avais plus que cinq minutes à vivre. Mais, curieusement, je n'étais plus si anxieux que ça. Il y avait plus scélérat que moi. Ce n'était pas une pensée réjouissante, mais ça démontrait que je n'étais pas le seul à faire des erreurs. Et que, peut-être, si je réussissais à trouver comment m'évader en moins de cinq minutes, j'aurais une seconde chance.

Chapitre XI

Ma pendaison arriva plus vite que ce à quoi je m'arrivais. Florian et Fabius pronoçaient la sentence, mais il n'y avait personne de présent. Gordon arriva à ce moment.

"Gordon ! Vous allez me délivrer ?

-Oh non, le maire dit que nous devons nous débarrasser des Volontaires, il faut se débarrasser des volontaires. (Il sourit tristement.) Je vous ai apporté un peu de confiture pour surmonter l'épreuve."

Le geste de Gordon était bienveillant était bienveillant, mais il ne m'aiderait pas beaucoup. La confiture n'offre pas une résistance optimale contre une pendaison imminente, d'autant plus que je n'avais ni couteau ni tranche de pain.

"Bien, dit Fabius (ou Florian). Que la pendaison commence !

-À vrai dire, dit Florian (ou Fabius), qu'entendons-nous par commencer ? Il est assez curieux de...

-Pendez-moi, les coupais-je, et en vitesse !

-Bien ! Hum... Que la pendaison commence !"

Là-dessus, il ôta le tabouret sur lequel j'étais debout, et je me retrouvais suspendu à la potence. Mais curieusement, le fil n'avait pas l'air de vouloir tenir. Il résista bravement quelques secondes, puis craqua dans un bruissement mat.

Gordon, Florian et Fabius hoquetèrent un instant, conscients que la situation changeait de côté, et tous trois s'enfuirent dans une direction différente. Ce fut alors que Tomas, Lucy et Jon sortirent de l'ombre.

"Vous ? Mais je...

-On s'expliquera plus tard ! cria Lucy. Le camion vient de démarrer avec le diamant à l'intérieur, il faut lui barrer la route !"

Nous nous précipitâmes vers celui-ci. La course fut longue et effrénée, et plusieurs fois, nous le perdîmes de vue à travers les ruines. Thomas me passa quelque chose.

"Tiens ! C'est le faux diamant ! Edgar me l'a donné pour m'amuser avec. Ils nous prennent pour des gamins."

Le camion, visiblement, n'avait pas pris ses repères. Nous le talonnions quand il sortit de la ville.

Mais nous avions des poursuivants.

"Revenez ici ! criait Florian ou Fabius.

-Vous ne pouvez pas faire ça !" s'écria Fabius ou Florian.

Le maire et son adjoint étaient en train de nous rattraper. Le camon gagnait de la vitesse. À présent qu'il était dans l'arrière-pays, il pouvait faire ce qui lui plaisait.

Il existe dans la vie bon nombre de morales, mais toutes ne sont pas vraies. Vous pouvez prendre "Combattons le feu par le feu" pour vous justifire quand vous êtes un scélérat, mais aussi "La fin justifie les moyens" quand vous êtes des canailles en herbe et que vous tentez de justifier vos actes. Mais si j'avais dû choisir à l'instant une devise, ç'aurait était sûrement "Au secours !".

Je vous le répète, arrêtez de lire cette page et allez putôt flâner dehors. Vôtre bibliothécaire pourra sûrement vous documenter sur l'uranium, cet élément si passionnant, et sur les diamants, si cela vous intéresse. Toujours est-il que la suite de cette histoire s'avère plus désastreux que tout le reste.

Nous étions arrivés en haut du cratère, au bord d'une falaise à pic. Enfin, j'étais à la hauteur du camion. J'ouvrais le coffre et m'y jetais dedans. Je fouillais un instant et brandis le diamant avec fierté.

"C'est bon ! Je l'ai !

-Descends, à présent !" me cria Jon.

Je bondis en bas. Tout était fini. Je balançais le diamant par-dessus mon épaule. Je regardais le vrai. Mais ce n'était pas le vrai. Il était sale, plein de défauts...

Avec un horrible pressentiment, je regardais l'autre diamant rouler dans l'abîme droit vers Grandmorne, rebondissant entre les rochers, culbutant et sautillant, menaçant d'exploser à tout instant.

Mais il n'explosa pas.

Le diamant n'explosa pas. Et j'ai le bonheur de vous annoncer que jamais plus un seul de ses atomes n'explosa. Pour une raison bien simple : il faut bien plus qu'une malencontreuse chute pour faire fissionner un peu d'uranium.

Mais en contrebas se trouvait Gordon, qui, dépassé par les évènements, était parti se griller une cigarette devant ce qui avait été une satation d'essence dont l'essence en queestion suintait à présent des bouteilles où on l'avait enfermée.

Le diamant tomba à côté de Gordon. Surpris, il lâcha son briquet à l'endroit où il ne fallait pas. L'explosion qui s'ensuivit fut énorme. Les flammes se propagèrent à travers les quartiers, brûlant les maisons, embrasant l'hôtel Hellequin, détruisant à jamais la seule bibliothèque de la ville. C'était la fin de Grandmorne-sur-Cratère.

Chapitre XII

"C'est vous ! cria le maire ou son adjoint, le visage déformé par la rage. C'est vous qui avez détruit la ville !

-Non ! cria Jon. C'était un accident ! Jamais nous ne l'aurions détruite !

-Espèce d'assassin ! Bourreau ! Tueur !

-Et vous ? éclatais-je. Vous croyez que c'est meilleur, de pendre les gens ? Qu'ils aient brûlé ou non vôtre maison n'a rien à voir. Vous ne faites qu'empirer les choses !

-Quoi ? Alors que vous venez de brûler une ville toute entière, vous osez dire ça ?

-Cela dit, une ville entière...

-Taisez-vous !" J'étais fulminant de colère."Vos débats philosophiques ne règleront rien. Il est trop tard !"

Le maire et son adjoint étaient écumants de colère.

"Vous n'avez pas le droit de faire ça ! Ça... Ça a tué des gens ! Vous n'êtes que des scélérats !

-Non, fit une voix derrière nous, voix d'ailleurs que je ne ne connaissais que trop. Ce ne sont pas des scélérats."

L'Ozégan arriva devant nous. Il arborait un sourire de triomphe, comme s'il avait voulu que la ville brûle.

"Ce sont BIEN PLUS que des scélérats."

Je gémis. L'Ozégan avait-il brûlé ma maison ? S'en était-il pris à Kit ?

"Non ! C'est vous le seul criminel dans toute cette histoire ! Et d'ailleurs, qu'est-ce qui me pruve que vous êtes réellement l'Ozégan ?"

L'Ozégan resta un instant interdit. Puis il s'approcha de mon visage, son haleine pestilentielle juste en-dessous de mon nez.

"Écoute-moi bien, tête de piaf. Je suis l'Ozégan tout comme toi tu es..."

À ce moment, on entendit un juron épouvantable, expression signifiant ici "que nous ne décrirons pas". C'était le conducteur du camion qui s'était rendu compte qu'on avait ouvert son coffre.

"...c'est clair ? Et tu as laissé MON diamant au proie des flammes, tu vas donc le récupérer si tu tiens à ta maison !"

Mais il y eut en moi un mouvement qui me fit tressaillir. En mon cœur, une étincelle de courage se réveilla et propagea tout mon cerveau.

"Vous pouvez bien brûler ma maison, dis-je. Je m'en fiche.

-Quoi ?! hurla l'Ozégan.

-Je m'en moque complètement. Aujourd'hui, par ma négligence, des maisons ont été brûlées, une bibliothèque aussi, alors pourquoi ne serais-je pas puni ? De toute façon, ce qui compte, ce n'est pas VDC en lui-même, c'est une justice en ce bas monde qui nous sauve.

-Il n'y a pas de justice ! cria l'Ozégan, devenu hystérique. Tu vas me rendre mon diamant, immédiatement !"

Et il me poussa dans le ravin.

Et je tombais dans les flammes. Et là, je tombais dans le plus profond désespoir. Non, non, rien ne pouvait être pire à ce moment-là que ce qui venait de s'abattre sur moi. Mais les flammes en contrebas ne partageaient pas tout à fait le même avis.

Chapitre XIII

Le feu, pour beaucoup, sert à de nombreuses choses, de faire sa cuisine à commettre une action scélérate. Le feu est une combustion qui nous est bien unitle, mais qui nous est aussi néfaste. Avec le feu, vous pouvez brûler des livres, mais avec le même feu, vous pouvez réchauffer un foyer. Avec le feu, vous pouvez convaincre un désastreux VDC comme moi de voler un diamant dans une ville qui avait été détruite plusieurs fois aupraravant par une bande de fous furieux en cagoule, mais avec le feu, vous pouvez tenir au chaud une jeune femme en état d'hypothermie après une chute malencontreuse dans un fleuve en voulant fuir un sinistre individu ayant pour nom un lutin de Bretagne. Avec le feu, enfin, vous pouvez commettre un accident, suivi d'une chute qui passerait pour malencontruese dans les flammes et dont on se chargerait au besoin d'éliminer les témoins. Dieu merci, je survécus.

Alors que je roulais dans la pente, je réussis à prendre appui sur un arbuste rachitique et m'arrêtais juste au-dessus des flammes. Jouant des jambes pour échapper aux flammes, je me cramponnais tellement que mes jointures devinrent blanches. En contrehaut, mes amis me regardaient, horrifiés.

"Aidez-moi ! hurlais-je. Lancez-moi une corde !"

Même le maire et son adjoint étaient horrifiés. L'ozégan vociférait.

"Pars prendre le diamant ! Allez ! Vas le prendre !

-Vous êtes fou ! cria Lucy.

-Vas le chercher !"

L'Ozégan éclata d'un rire démoniaque.

"Vas le prendre ! Ves chercher ce diamant, je te l'ordonne !"

Ses yeux brillants comme des escarboucles lançaient des éclairs.

"Hors de question !" cria Jon.

Ce fut à ce moment que je vis dans un angle de mon champ de vision, un camion de pompier arriver. Il devait être en route pour la clinique Heimlich et avait décider de s'arrêter ici pour prendre l'essence. Le camion arrivait à toute allure...

"Ohé ! Sauvez-moi !

-Non ! gesticulait l'Ozégan. Surtout pas ! C'est lui qui a brûlé la ville !

-C'est faux ! dit Jon. C'est un accident !"

Mais le conducteur arrivait à toute allure sans les entendre.

Je hurlais de nouveau quand je vis que l'Ozégan, fou de fureur, me lançait des pierres pour me faire tomber.

Le camion approchait...

Jon tenta de l'en empêcher. Il bouscula l'ozégan en voulant l'immobiliser, mais le bandit perdit l'équilibre et tomba dans les flammes juste à côté de moi.

Le camion s'arrêta à ce moment-là.

Le conducteur sortit, en sueur.

"Est-ce que je rêve ou vous venez de pousser un homme dans les flammes ?

-Oui ! cria Florian ou Fabius. Il l'a fait ! Et il a brûlé la ville !

-Ce sont des hors-la-loi ! Comme ceux de la clinique !

-Parfaitement ! Il faut les tuer !

-Du calme ! Du calme ! fit le pompier. Nous ne sommes pas la police.

-Tuez-les quand même !

-Et moi ? fis-je depuis mon buisson. Vous pourriez m'aider ?"

Mais c'était crier dans le vent. Personne ne m'entendait avec les cris et le crépitement des flammes.

"À mon avis, je iens de mettre la min sur Veronica et Klyde Baudelaire, les assassins du baron Omar. Reste la petite affreuse, là, Précieuse ou Pernicieuse... Mais au moins, dit-il en regardant Thomas, j'aurais arrêté un de leurs complices.

-C'est ça ! dit le maire ou son adjoint. Emmenez-les au tribunal !

-Deux incendies le même jour..., fit le pompier. La loi punit sévèrement, ça. Embarquez tous, nous allons tirer ça au clair.

-C'est passionnant ! fit une voix à l'intérieur du véhicule. Je vois d'ici le titre en grosses lettres : "Deux des Baudelaire incriminés après avoir rasé toute une ville !" Quand les lecteurs du Petit Pointilleux liront ça..."

Et le camion de pompier dsparut, embarquant avec lui dans le soleil couchant les derniers survivants de Grandmorne-sur-Cratère. Quant à moi, je restais seul face aux flammes. Dans deux ou trois minutes, elles auraient atteint mes vêtements...

Ce fut alors qu'une min m'attrappa le genou. C'était l'Ozégan qui s'agrippait, couvert de cloques et de saignements.

"Tu es vivant...

-Oui..., fit l'Ozégan, le visage meurtri. Je dois te dire...

-Est-ce que tu es l'Ozégan, vraiment ?

-Je me suis fait passer pour mort, oui, pendant longtemps...

-Alors, tu es...

-Oui. J'ai une filiation avec les membres du Grand Inconnu. Adieu, demi-frère ! Je mourrais donc en emportant mes secrets... En scélérat...

-Non ! Tu peux encore te repentir ! Je suis un criminel, et pourtant je suis resté un VDC noble !

-Noble, ça oui... Dire ça alors que tu as brûlé une ville !"

Il sortit de sa poche une main fébrile. Dans sa main se trouvait un papier chiffonné et troué par les flammes. Dessus se trouvaient une adresse mail et plusieurs mots de passe.

"Tiens. Si tu veux toujours te racheter, je peux t'aider. Avec ça, tu apprendras des choses que personne ne connaît. Tu pourras même aller sur l'ordinateur de Lemony Snicket ! Tu pourras accéder à tout VDC avec de la chance, ce que j'ai toujours rêvé de faire, même s'il me manquait les catalogues... Les archives de la clinique Heimlich, l'Hôtel Dénouement et son reflet, les grands derniers lieux sûrs, et surtout..."

Mais il mourut à ce moment là. Je regardais le papier qu'il venait de m'offrir. Je frissonnais. L'Ozégan était mort. Mais Grandmorne-sur-Cratère et la clinique Heimlich n'étaient plus que de lointains souvenirs déjà. Mais j'avais un savoir incroyable désormais, et avec ce savoir je pourrais sauver VDC même sans les archives, même sans le connaissance de Hal... Mais je pouvais aussi le détruire.






Et c'est ainsi que j'en suis là. Depuis quelques temps, je suis revenu sur ce désastreux wikia, où je tente d'apporter au savoir public un peu du VDC que j'ose révéler et quelques renseignements de Lemony Snicket. Mais je ne dirais pas tout, de peur du Grand Inconnu et de bien d'autres choses plus terribles encore. Et Jon, Thomas et Lucy ? Je supoose qu'ils ont pu s'enfuit, étant donné que Géraldine Julienne n'est pas bête au point de confondre les orphelins Baudelaire avec de parfaits étrangers... Avec un peu de chance, je finirais par les retrouver, quelque part dans le monde, sur le Net ou mieux, mille fois mieux, dans une bibliothèque. Et ce jour-là, je serais en route pour de nouvelles mésaventures, expression signifiant ici "bien des paradoxes et des scélérats"...

FIN

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